Textes

Au pied de cent collines (Sarajevo)

C’est une ville douce au pied de cent collines

Au soleil printanier, aux dimanches paisibles

C’est une ville douce où l’on fume la pipe

Où le café embaume jusqu’au rire des filles

Pourtant dans l’air calme et sucré

Passe un frisson dur et glacé

Un chien dans les caves est enchaîné

 

C’est une ville douce au pied de cent collines

Où l’on s’éprend des rues aux échoppes petites

C’est une ville douce aux soirées d’opaline

Où les retours chez soi sont toujours un peu tristes

Car dans les caves un chien tapi

Attend son heure dans la nuit

Il mâche sa haine et son dépit

 

C’est une ville douce aux cent mille racines

Qui courent sous le temps, le vieux temps des délices

C’est une ville douce aux mille cicatrices

Qui lacèrent le vent de leur vaine supplique

Et dans les caves un chien tapi

Attend son heure dans la nuit

Il ronge sa chaîne sans répit

 

C’est une ville douce au pied de cent collines

Ecoute bien ce chant, c’est elle qui soupire

Car cette ville douce, ce ventre qui palpite

Ce n’est qu’un cimetière, c’est l’ombre d’une ville

Car les maîtres du chien maudit

Sang et larmes s’étaient promis

Ont forcé les portes de la nuit

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S’aimer ne peut suffire

Parfois nous perdons dans des brumes anciennes

Des peurs irraisonnées, des colères d’enfant,

Des petites rancoeurs, leurs effluves malsaines

Et l’Amour n’y peut rien bien qu’il soit un géant

S’aimer devrait suffire à adoucir ces peines

Qu’on se fait pour un rien sans y penser vraiment

Mais l’Amour est un chat qui parfois s’abandonne

Se love au creux du ventre, bien en rond, bien au chaud

Se chauffe auprès du feu et doucement ronronne

Mais toujours aux aguets, jaloux de ce qu’il vaut

Il griffe l’oublieux qui le brusque et s’étonne

Du velours de sa patte transformé en couteau

S’aimer pourrait suffire s’il s’agissait d’un jeu

Mais le chat ne joue pas, il sait bien ce qu’il veut

Jamais il ne transige et nous rappelle que

S’aimer ne ne peut suffire, il faut entretenir le feu

 

Ô vous frères humains

Quand on prend aux enfants

Jusqu’à leur innocence

Pour crier des slogans

En notre lieu et place

Quand on sème à leur bouche

Le venin du sarcasme

 

Qu’on accroche à leur lèvre

L’insulte et l’arrogance

Ce qu’on fait de leurs rêves

C’est une horreur par avance

C’est qu’on fait déjà d’eux

Des salauds en puissance

 

Refrain

J’en appelle à vous

Frères humains

C’es nous

Qui allumerons

Demain

Un hiver

Un printemps

Un soleil

Un enfer

 

Quand plus pauvre que soi

Devient une menace

Quand au nom de la loi

On poursuit , on pourchasse

Ceux qui n’ont plus de droits

Plus d’abri, de défenses

 

Qu’on ne veut plus savoir

Qu’on a eu de la chance

De naître au bon endroit

Come par inadvertance

Ceux qui sont sans espoir

Nous deviennent une offense

Refrain

Ami, dis-moi pourquoi

Malgré les années noires

Les veillées, les combats,

Et le sang et les larmes

On ne se souvient pas 

Des leçons de l’Histoire

 

Pourquoi nous nous mentons

Pourquoi nous faisons croire

Que nos vies, nos façons

Sont tellement méritoires

Qu’on fasse la leçon

Aux damnés de l’Histoire

 

J’en appelle à vous

Frères humains

C’es nous

Qui allumerons

Demain

Un hiver

Un printemps

Un enfer

Non !... un soleil

 

Erick New Trio
11250 Ladern sur Lauquet
Carcassonne, France

Tel : 06 71 70 91 35